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En guise de protestation contre un projet de loi
La presse italienne s'auto-bâillonne
Alors que des enregistrements clandestins diffusés par le site Médiapart semblent révéler un scandale financier en France avec des ramifications politiques, l'Italie s'achemine elle vers l'adoption d'un projet de loi limitant les écoutes téléphoniques. Les médias en première ligne, font front uni contre le projet de loi avec un seul mot d'ordre vendredi dernier: silence.
Les médias italiens ont observé une journée de silence vendredi dernier pour protester contre le projet de loi du gouvernement de Silvio Berlusconi limitant les écoutes téléphoniques et leur publication. La quasi totalité des journaux, à l'exception d'Il Giornale - quotidien appartenant à la famille Berlusconi - étaient absents des kiosques.
De même, très tôt, les fils des agences d'information se sont tus et les sites Internet des quotidiens ne sont plus actualisés. Sur les chaînes d'information en continu, des programmes pré-enregistrés sont interrompus seulement par le journal de 6H00 qui tourne en boucle et seules deux autres éditions, à la mi-journée et dans la soirée, sont prévues.
Contre l'omerta
Pour la Fédération nationale de la presse (FNSI, syndicat national des journalistes) qui a appelé à cette “journée du silence”, il s'agit d'un “geste symbolique pour montrer tous les silences que la loi imposerait”.
2 mois de prison
C'est la peine encourue par les éditeurs de journaux et médias audiovisuels diffusant des écoutes ou des enregistrements audio et vidéo pendant une enquête judiciaire si le projet de loi est approuvé à la Chambre des députés. Elle s'accompagne d'une amende pouvant atteindre 4.647.000 Dh.
M. Berlusconi défend ce texte au nom du respect de la vie privée et des droits de la défense mais l'opposition de gauche et la majorité des grands médias y voient une tentative de museler la presse et d'empêcher la divulgation d'informations embarrassantes pour le chef du gouvernement.
Il y a une semaine, plusieurs milliers de personnes avaient déjà manifesté à Rome contre cette “loi bâillon”.



