Benkirane: La France a "appris" au Maroc à faire la grève

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La France a "appris" au Maroc à faire la grève, a indiqué en substance mercredi le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, lors d'une rencontre à Rabat entre chefs d'entreprises français et marocains.

"On ne connaissait pas la grève, c'est la France qui nous l'a apprise !", a-t-il lancé sous forme de plaisanterie devant un parterre de plus de 400 hommes d'affaires français et marocains, à l'invitation conjointe des patronats des deux pays.

Connu pour son franc-parler et sa bonhomie, M. Benkirane répondait à une question de Jacques Saadé, patron de l'armateur français CMA-CGM, troisième groupe mondial de transport par conteneurs, qui s'inquiétait d'un long mouvement de grève l'automne dernier qui a paralysé le port de Tanger-MED.

"Faire grève, c'est raisonnable, mais pas s'y complaire (...) le droit de grève doit être respecté mais aussi le droit au travail", a estimé le Premier ministre.

Se disant fort de la "légitimité" populaire de son gouvernement, après "les élections les plus transparentes de l'histoire du Maroc" en novembre, qui ont porté pour la première fois les islamistes du parti Justice et Développement (PJD) au pouvoir, M. Benkirane a indiqué qu'une "nouvelle loi sur le droit de grève" sera promulguée prochainement.

S'adressant aux patrons français, il a indiqué que "le Maroc était preneur notamment en matière de formation professionnelle" afin de juguler le problème du chômage, qui reste très élevé dans le royaume.

Répondant à l'avance aux éventuelles inquiétudes des patrons français face à un gouvernement où les islamistes sont majoritaires, M. Benkirane a déclaré: "S'il y a un changement, c'est en faveur d'un renforcement des relations avec la France, toujours bienvenue dans notre pays".

Le chef du gouvernement n'en a pas moins plaidé pour des relations bilatérales "plus équilibrées" afin d'aider au développement du Maroc.

"Il faut nous aider à prendre en charge les 30 à 40% des laissés-pour-compte de notre population", a-t-il lancé, en référence au chômage et à la pauvreté qui touchent cette partie de la population du pays, qui compte quelque 33 millions d'habitants.

Intervenant à leur tour, les ministres de l'Economie et des Finances Nizar Baraka et de la Gouvernance Mohamad Nagib Boulif ont estimé que "l'amélioration du climat des affaires" était une des priorités du pays, ainsi que "le développement de grandes alliances stratégiques", notamment pour s'attaquer à des marchés comme ceux d'Afrique de l'Ouest.

Organisée par le Club des chefs d'entreprises France-Maroc autour du thème "Investissement et croissance: les perspectives pour le Maroc en 2012", la rencontre de Rabat répond à une invitation conjointe de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et son homologue français le Medef.

AFP


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