Mustapha Ramid n'exclut pas d'autres libérations de salafistes
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Le ministre marocain de la Justice Mustapha Ramid n'a pas exclu la libération d'autres membres emprisonnés de la Salafia Jihadia, un mouvement de l'islam fondamentaliste, après la grâce royale de trois prédicateurs samedi, dans une interview mardi au quotidien Akhbar al Youm.
"Si des détenus font preuve d'un comportement responsable, cela pourrait encourager le roi à accorder une nouvelle grâce", a indiqué M. Ramid, soulignant qu'il avait toujours prôné un "réglement politique de ce dossier".
Avant d'être nommé ministre de la justice, M. Ramid --membre du Parti Justice et développement (PJD, modéré) -- était l'avocat d'un des prédicateurs libérés Hassan Kettani.
Hassan Kettani, Mohamed Rafiki et Omar Haddouchi ont été libérés samedi, par un décret royal qui a concerné 458 personnes dont sept militants du mouvement contestataire du 20 février qui regroupe des militants réclamant des réformes politiques profondes.
Ces trois figures de l'islam fondamentaliste avaient été condamnées dans le contexte des attentats de mai 2003 à Casablanca qui avaient fait 45 morts, dont 14 kamikazes.
Cet attentat avait conduit à l'arrestation de quelques centaines de salafistes dont certains sont directement impliqués dans des attentats et d'autres qui attendent toujours d'être jugés ou qui sont détenus pour leur extrémisme réligieux.
Selon la présidente de l'Association marocaine des droits de l'homme (AMDH) Khadija Ryadi, "à part quelques salafistes dont la culpabilité a pu être prouvée, un grand nombre d'entre eux sont innocents".
De son côté, Hassan Kettani a indiqué que l'arrivée au pouvoir du PJD a contribué aux dernières libérations, dans une interview au quotidien Al Masaa (Le soir, proche de la gauche) dont le directeur Rachid Niny est lui-même en détention.
"Il me semble qu'il y a un début de reconciliation nationale", a dit ce cheikh islamiste. Les "réformes politiques ne seront complètes qu'avec la libération des autres détenus politiques", a-t-il ajouté.
"Il ne fait pas de doute que le mouvement du 20 février a joué un rôle important" dans les changements survenus avec l'adoption d'une nouvelle Constitution et les dernières élections qui ont donné la victoire aux islamistes, a-t-il ajouté.



