Think tanks : ces producteurs d'idées si sollicités par les décideurs
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Illustration - conférence de presse sur la 4-ème édition des Medays qui sera organisée du 16 au 19 novembre à Tanger sous le thème "Le Sud dans la gouvernance mondiale du 21-ème siècle".
Si leur impact demeure peu perceptible du grand public, les think tanks émergent petit à petit et pèsent réellement sur le débat politique et les choix publics au Maroc.
Entre recherche scientifique et force de proposition, ces groupes de réflexion ne semblent pas donc se réduire à un effet de mode dans un contexte international empreint d'incertitude, quand bien même ils suscitent moult interrogations sur leur indépendance, la ponctualité de leur activité et l'ampleur de leur influence.
Sans être forcément l'émanation de courants politiques déterminés, ces centres se positionnent en "acteurs incontournables du jeu politique", observe le politologue Abderrahim El Meslouhi, qui apprécie leur présence "remarquable" sur la scène nationale, voire internationale.
"Le phénomène est en passe de prendre de l'ampleur dans notre pays. Il en dit long sur le déverrouillage, progressif mais certain, du processus décisionnel au Maroc", estime ce professeur de sciences politiques à l'université Mohammed V à Rabat, dans une déclaration.
Ce constat rejoint les conclusions du rapport "Global go-to think tanks" de l'université de Pennsylvanie (USA) sur le classement des centres de réflexion les plus influents au monde, selon lequel le Maroc en compte onze, dont deux figurent dans le Top 30 pour la région MENA. Il s'agit ici du Centre d'études et de recherches en sciences sociales (CERSS) et de l'institut Amadeus.
Force est cependant de constater que l'essentiel des think tanks reste l'apanage des pays avancés où ils jouent un rôle déterminant pour appréhender les sujets de tout ordre et animer la vie politico-culturelle.
"Les plus influents se trouvent dans les pays développés car le problème essentiel est celui de leur financement", constate M. Jawad Kerdoudi, président de l'Institut marocain des relations internationales (IMRI). "Pour qu'un think-tank soit efficace, il faut qu'il puisse disposer de chercheurs à plein temps, dûment rémunérés", estime-t-il.
LE TEMPS EST A LA CLARIFICATION DES CHOIX FACE A L'INCERTITUDE
Médias, think-tanks, ONG, clubs électroniques...tous les faiseurs d'opinion sont devenus des acteurs incontournables des politiques publiques nationales.
"Pourtant, le positionnement des centres de réflexion est spécifique à certains égards: leur rôle n'est pas seulement de faciliter l'accès à l'information, mais surtout de former le jugement public à travers des débats raisonnés fondés sur les acquis de la science et de l'expertise", analyse M. El Meslouhi, secrétaire général de l'Association marocaine de science politique.
A juste titre, l'émergence de ces acteurs non gouvernementaux est d'autant plus patente que le temps est à la réflexion et à la clarification des choix à prendre, dans un contexte d'incertitude et de fluidité conjoncturelle, relève-t-il.
Selon cet expert, les think-tanks marocains, de par leur réseau, les travaux qu'ils produisent et les thématiques qu'ils abordent, "pèsent évidemment d'un poids décisif sur le débat public". On peut citer à cet égard l'IMRI, le Conseil du développement et de la solidarité (CDS), Amadeus et le CERSS, créé au milieu des années 1990 pour se tailler la réputation de l'un des think tanks marocains au rayonnement international puisqu'il fait partie de plusieurs réseaux euro-méditerranéens.-


