Visite de Mohammed VI dans quatre pays du Golfe
Le roi en voyage d'affaires
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Le roi Mohammed VI est arrivé, hier, en Arabie Saoudite, dans le cadre d'une tournée régionale dans quatre pays du Golfe et en Jordanie. La visite intervient un an après la signature en 2011, d’un partenariat stratégique entre les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), prévoyant le financement de projets de développement à hauteur de cinq milliards de dollars répartis sur cinq ans.
Les relations bilatérales que Rabat entretient avec les monarchies du Golfe ont toujours été caractérisées par une entente forte, que ce soit en période de paix ou en période de tensions ou de crise.
L’actuelle visite, -exceptionnelle au regard des très rares déplacements du roi Mohammed VI à l'étranger en visite officielle-, est qualifiée de visite “de travail” en Arabie Saoudite, à l'Emirat du Qatar, aux Emirats Arabes Unis et à l'Etat du Koweït, Etats membres du Conseil de Coopération du Golfe. Elle se fait donc chez les contributeurs aux programmes de financement, sous forme de dons et de projets de développement au Maroc, dans le cadre du partenariat stratégique établi en 2011 entre le Maroc et le Conseil de la Coopération du Golfe.
C'est dire à quel point, dans un contexte particulièrement critique au Maroc, cette visite royale sera axée principalement sur le volet économique. Le ministre koweïtien des Affaires étrangères, cité par Reuters, l’avait d'ailleurs déjà annoncé, en déclarant que les relations bilatérales et les investissements seraient discutés lors du voyage de Mohammed VI, accompagné d'une importante délégation.
Celle-ci “présentera respectivement aux quatre pays concernés les projets sélectionnés dans ce cadre par la partie marocaine au regard des priorités nationales”, selon le communiqué officiel.
Élargir les domaines d'investissements préférés par les pays du Golfe
Ce voyage intervient à la suite de celui effectué en mai 2012 par une délégation réunie autour de l'agence marocaine de développement des investissements, qui s'était rendue en Arabie Saoudite, au Qatar, au Koweit et aux Emirats Arabes Unis. L'objectif était à l'époque d'inviter ces pays à élargir leurs investissements à des secteurs autres que l'immobilier et le tourisme, et tels que l'agroalimentaire et les énergies renouvelables.
Une nouvelle occasion s'offre ainsi à la délégation qui accompagne le roi, de séduire les investisseurs du Golfe.
Selon l'agence Reuters, des compagnies aériennes du Golfe se verront proposer par le Maroc, le rachat de 44% de la Royal Air Maroc.
1 milliard $ avant fin novembre
Selon l’agence britannique Reuters, Rabat aurait programmé de vendre le mois prochain en Europe, des bons du Trésor, pour un montant de 1 milliard de dollars, en espérant que ces bons intéressent les investisseurs institutionnels du Golfe.
Des promesses
Cette visite officielle peut donc être considérée comme un rappel des promesses. En effet, le Maroc attend une somme de 1,25 milliard de dollars d’aide, promis par l’Arabie Saoudite, dans le cadre d’un vaste programme d’aide, destiné aux pays ayant connu le Printemps Arabe.
Ryad avait déjà commencé à débloquer, depuis le début de cette année, des aides pour l’Egypte et le Bahreïn seulement, un retard expliqué par le climat d’incertitudes économique et politique, selon les experts.
Entre temps, un prêt de 127 millions de dollars a été accordé récemment au Maroc, par le Fonds Monétaire Arabe (FMA), afin de faire face aux “conditions économiques d'urgence, notamment l'augmentation de la valeur des importations de biens et de produits agricoles due aux fluctuations des marchés mondiaux”.
Des relations qui restent en dessous des attentes
Malgré des relations exceptionnelles, les relations économiques entre le Maroc et l'Arabie Saoudite “demeurent en deçà des attentes et ambitions”, selon Mohamed Abderrahmane Al Bichr, ambassadeur d'Arabie Saoudite au Maroc.
300.000
300.000 Marocains vivent et travaillent dans les pays du CCG. Chaque année, ils transfèrent environ 680 millions de dollars, soit environ 10% de la totalité des sommes virées par les Marocains résidant à l'étranger.
Investissements étrangers au Maroc de 2000 à 2010
Sur les dix dernières années, les Emirats Arabes Unis ont contribué aux investissements étrangers à hauteur de 14 milliards de dirhams, suivi par le Koweit avec 7 milliards et en dernier l'Arabie saoudite avec 3,5 milliards. Comparée aux investissements émanant des pays européens, la contribution de ces pays arabes reste très modeste. A elle seule, l’Espagne a investi 41 milliards, soit presque le double des investissements originaires des pays du Golfe. Quant à la France, avec ses 123 milliards, elle a investi 5 fois plus!


