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Sénégal: la justice ordonne l'extradition de trois "terroristes" Marocains
La justice sénégalaise a donné jeudi son feu vert à l'extradition de trois Marocains "accusés de terrorisme" et arrêtés début juin à Dakar alors qu'ils allaient en Somalie, a-t-on appris auprès de leur avocat, mais leur sort est suspendu à un décret présidentiel.
"La chambre d'accusation (de la Cour d'appel de Dakar) a donné un avis favorable" à l'extradition des Marocains Si Mohamed, Mohamed Brigph et Moulaye Abdelhani Nadane, a déclaré à l'AFP Me Assane Dioma Ndiaye.
L'audience s'est déroulée en présence des trois Marocains dont Rabat avait demandé en juin aux autorités sénégalaises l'extradition.
"La realpolitik, les bonnes relations entre le Sénégal et le Maroc et la raison d'Etat ont prévalu sur les considérations humanitaires et les obligations internationales du Sénégal" qui interdisent d'extrader une personne vers un pays où elle est notamment menacée de torture, a ajouté Me Ndiaye.
"Il appartient maintenant au président de la République (Abdoulaye Wade) de signer le décret d'extradition. C'est notre dernier recours pour éviter l'irréparable", a-t-il dit.
Selon les lois sénégalaises, la décision ultime d'extradition d'une personne est une prérogative exclusive du chef de l'Etat.
Me Ndiaye a annoncé qu'il va "écrire au président Wade pour lui faire part des inquiétudes des (trois Marocains) concernés à propos des pratiques de tortures et des risques d'exécutions extrajudiciaires" au Maroc.
Les trois Marocains "sont soupçonnés d'avoir été recrutés par une organisation basée en Somalie et dont l'objectif, selon le procès-verbal d'enquête, est de commettre des attentats en Irak, en Afghanistan, au Maroc. Les autorités sénégalaises disent qu'ils étaient en transit à Dakar pour rejoindre la Somalie", avait déclaré à l'AFP Me Ndiaye, également président de l'Organisation nationale des droits de l'homme (ONDH).
Les trois hommes dont l'âge n'a pas été précisé et qui étaient incarcérés dans une prison de Dakar devaient y retourner incessamment, selon leur avocat.



