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Fête du Trône
Le Maroc du Roi Mohammed VI, 11 ans après

Ce vendredi 30 juillet 2010 marque le onzième anniversaire de l'accession au Trône du Roi Mohammed VI, 23ème héritier de la dynastie alaouite. L'occasion de revenir sur quelques grands chantiers ouverts sous son règne.

Le Roi Mohammed VI a mis le Maroc sur le chemin de la modernité. / MAP
Le Roi Mohammed VI a mis le Maroc sur le chemin de la modernité. / MAP
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Dans son numéro 2585 du 25 au 31 juillet 2010, notre confrère Jeune Afrique écrit à juste titre: “Lorsqu'il était monté sur le trône, en juillet 1999, on avait assuré avec une malveillance sournoise que Mohammed VI “n'aimait pas le job”. Depuis, chacun a pu constater à loisir que le job en question, il l'exerce sans embarras ni partage.”

En effet, il faut être un nihiliste invétéré pour ne pas reconnaître que le Maroc de 2010 n'est pas celui d'il y a une dizaine d'années: de nombreux chantiers, sur les plans économique, social, religieux, etc. ont été ouverts, dont beaucoup ont commencé à porter leurs fruits. Ou presque.

Plusieurs chantiers

D'abord la Moudawana, dont l'annonce de la réforme le 10 octobre 2003, avait suscité un réel sentiment de victoire chez les femmes marocaines. Ce code “progressiste” octroie non seulement à la femme la place qui lui échoit dans la société, mais il est aussi d'autant plus important “qu'il attire davantage de capitaux étrangers.”

Dans ce sens, la  juriste et experte américaine dans le domaine des réformes judiciaires, Norman L. Greene avait estimé dans un entretien à la MAP il y a quelques mois que “les bailleurs de fonds internationaux et les autres programmes gouvernementaux comme le Millenium Challenge Corporation (MCC), qui a déjà signé avec le Maroc un accord de 697,5 millions de dollars, conditionnent à ce genre de réformes les modalités de leurs prêts et programmes”.

Concernant les femmes, il y a lieu de citer également l'adoption d'une nouvelle loi qui prévoit désormais un quota de 12% de candidates aux élections locales...

Toujours sur le plan social, lancée en mai 2005 pour lutter contre l'extrême pauvreté avec une enveloppe de 10 milliards de dirhams pour la période 2006-2010), l'Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH) fait incontestablement partie des chantiers de règne. Près de cinq millions de personnes bénéficieraient aujourd'hui de ses programmes, et 20.000 de ses projets auraient déjà abouti...

Sur le plan des infrastructures économiques, le port de Tanger Med, qui a franchi le cap des 10 millions de tonnes de fret au premier semestre 2010, le projet de Renault à Tanger qui table sur 170.000 véhicules à partir de 2012, la nouvelle plateforme industrielle intégrée de Tétouan, etc. sont autant de projets conçus pour accompagner et booster la nouvelle dynamique du Royaume.

Les énergies renouvelables ne sont pas en reste. Comme annoncé dans son discours du trône de 2009 dans lequel il avait appelé le gouvernement à élaborer un projet de Charte nationale globale pour préserver l'environnement et répondre aux impératifs écologiques, le Roi Mohammed VI a inauguré récemment, entre autres, le parc éolien de Tanger constitué de 165 éoliennes d'une puissance de 240 MW, soit le plus grand d'Afrique.

L'autre chantier non moins important concerne le champ religieux, dans lequel le Souverain a insufflé un vent de modernisme lorsque, face à la montée de l'islamisme radical consécutive aux attentats de mai 2003 à Casablanca, il décida de lancer en 2004 une vaste réforme religieuse.

Cette réforme porte sur la restructuration du ministère des Affaires islamiques, la révision de la législation sur les lieux de culte ainsi que la modernisation de l'enseignement religieux.

Résultats mitigés

Toutefois, il reste encore du chemin à faire.

Au sujet de la Moudawana par exemple, notre société a encore du mal à se départir de son mode de fonctionnement “tribal et patriarcal”. En témoigne la persistance de l'injustice dans le domaine de l'héritage par Taâssib dont la Fédération de la ligue démocratique des droits des femmes (FLDDF) exige la suppression de la règle.

Sur le plan social, les aspérités restent toujours béantes. Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) classe le Maroc à la 130e place sur 182 concernant l'IDH (indice de développement humain), un rang vivement contesté par les autorités marocaines.

Quoi qu'il en soit, au-delà de cette gueguerre des chiffres, il reste que le taux de l'analphabétisme au Maroc - où l'abandon scolaire reste monnaie courante -  est estimé à 32% dans l'ensemble de la population. Sans oublier le taux de mortalité maternelle: 227 pour 100.000 naissances, et qui atteint 267 décès sur 100.000 en milieu rural.

Et comme l'avait dit le Roi-même dans le discours du trône de 2009, il faut un nouveau contrat social pour concrétiser les objectifs des politiques sociales innovantes. Le projet de régionalisation avancée, la création d'un Conseil économique et social vont tous dans ce sens...

Joyeux anniversaire!

aufait

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