Situation économique monétaire et financière
Bank Al-Maghrib s'active pour remédier à la crise de liquidité bancaire
Dernière mise à jour :
Le Conseil de Bank Al-Maghrib (BAM) a tenu sa réunion trimestrielle, mardi à Rabat, faisant état de l’évolution récente de la situation économique, monétaire et financière, ainsi que les prévisions d’inflation à l’horizon du quatrième trimestre 2013.
Les membres du conseil de Bank Al-Maghrib se sont réunis, mardi à Rabat, dans le cadre de leur meeting trimestriel qui s'est penché sur l'analyse de la situation économique, monétaire et financière du pays, ainsi que les prévisions d’inflation à l’horizon du quatrième trimestre 2013.
Ils ont décidé de ramener la réserve monétaire à 4% afin de booster les liquidités, de maintenir le taux directeur inchangé à 3% et leurs estimations de la croissance économique pour l'année 2012 à moins de 3%.
L'insuffisance de liquidités bancaires se creuse
13 MMDH
L'insuffisance de liquidités bancaires s'est creusée davantage de près de 13 milliards de dirhams (MMDH) au cours du 2ème trimestre 2012 par rapport à la fin du trimestre précédent, passant de 49,5 MMDH à 62,4 MMDH, a indiqué la Banque centrale.
En effet, les opérations en devises ont induit une ponction de liquidités de 9,6 MMDH, en raison de la poursuite du rythme accéléré des achats de devises par les banques commerciales auprès de BAM, à hauteur de 15,4 MMDH, un chiffre partiellement compensé par le reflux des billets de banque étrangers qui s'est limité à 5,8 MMDH, a expliqué la même source.
BAM ramène à 4 % (au lieu de 6%) la réserve monétaire
Dans l'objectif de limiter le déficit de liquidité des banques, BAM a décidé de réduire le taux de la réserve monétaire de 2 points de pourcentage, pour le ramener à 4% à compter de ce mercredi (26 septembre) courant, dégageant ainsi 7 MMDH de liquidités supplémentaires pour le système bancaire.
M. Jouahri déçoit en maintenant le taux directeur à 3%
Dans un contexte de décélération de la croissance nationale et au moment où nombre de milieux patronaux s'attendaient à une baisse de 25 points de base du taux directeur, Abdellatif Jouahri, gouverneur de la banque centrale, a affirmé que le Conseil de BAM a décidé de maintenir inchangé son taux directeur à 3%.
Cette décision reste pour le moins incompréhensible aux yeux des acteurs du marché qui voyaient en la baisse du taux directeur, une opportunité pour BAM de redonner du souffle à l’ensemble des marchés.
L'inflation est restée modérée en août
En ce qui concerne l'évolution de l'inflation, M. Jouahri a indiqué qu'elle est restée modérée, en ligne avec l'appréciation faite lors de la réunion de juin.
Elle s'est établie à 1% en août en glissement annuel, contre 1,7% en juillet, bien que les prix de la rubrique carburants et lubrifiants aient progressé de 16,8%, en liaison avec la hausse des prix à la pompe intervenue en juin dernier.
De même, l’inflation sous-jacente a atteint 0,4% en août, après 0,5% en juillet et 0,6% en juin.
Au terme de l’horizon de prévision, soit le quatrième trimestre 2013, l’inflation avoisinerait 1,4% et devrait se situer autour de 2% en moyenne. Pour sa part, l’inflation sous-jacente resterait modérée, ne dépassant pas 2%, a ajouté l'argentier du royaume.
Le taux de croissance maintenu à moins de 3% pour 2012
La prévision de la croissance économique pour l'année 2012 est maintenue à moins de 3%. Cette prévision est en relation notamment avec la matérialisation des risques liés à l'activité des principaux partenaires et à la campagne agricole, explique BAM.
Les comptes extérieurs continuent d'être impactés par l'évolution de la conjoncture économique mondiale. Ainsi, le déficit commercial s'est accru de 6,1% à fin août en glissement annuel, et les transferts des MRE ainsi que les recettes de voyages ont accusé des baisses respectives de 1,8% et 5%, a indiqué la même source, soulignant que ces éléments se traduisent au niveau des réserves de change, qui ont accusé une perte de 35 MMDH, soit une couverture de 4 mois d'importations de biens et services.
Pour 2013, la croissance devrait se situer entre 4% et 5%, sur la base d'une production céréalière moyenne et des perspectives économiques internationales qui demeurent mitigées, selon les projections de la banque centrale.


