Karim Hajji: "La Bourse de Casablanca offre de multiples avantages aux PME pour financer leurs investissements et développer leurs activités"

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La Bourse des valeurs de Casablanca offre de nombreux avantages aux petites et moyennes entreprises (PME), en vue de leur faciliter l'accès à la cote et les aider à financer leurs investissements et développer leurs activités, a indiqué le directeur général de la place casablancaise, Karim Hajji.

Dans un entretien à la MAP, M. Hajji a souligné que la Bourse de Casablanca propose des incitations financières à l'intention des PME pour les appuyer à couvrir les frais inhérents à l'introduction en bourse, notamment à travers un montant de 500.000 DH mis à la disposition des entreprises qui s'introduisent par augmentation de capital et dont les fonds propres sont inférieurs à 50 millions de dirhams.

Il y a un autre acquis, a-t-il ajouté, à savoir la reconduction dans la loi des finances 2013 des incitations fiscales en faveur des entreprises qui s'introduisent en bourse. Il a, à ce propos, souligné que la place de Casablanca compte à son actif de multiples success stories pour des PME qui se sont introduites et qui ont pu lever des fonds importants pour financer leurs investissements, développer leurs activités et augmenter leurs résultats.

"Malheureusement, cela n'était pas perçu par de nombreuses entreprises et de nombreux investisseurs qui ne pensaient pas pouvoir aller se financer à la bourse", a-t-il fait remarquer, notant qu'une étude menée récemment par la Bourse de Casablanca a montré qu'"une personne sur vingt a déclaré savoir que la bourse servait à financer l'investissement".

Pour pallier à ce problème, la Bourse de Casablanca a lancé récemment une vaste campagne de communication visant à expliquer de manière simple et pédagogique à quoi sert la bourse, a-t-il rappelé.

Evoquant les facteurs handicapant l'accès des PME à la cote, M. Hajji a estimé que ce type d'entreprises, souvent familiales, restent fragilisées par la question de la bonne gouvernance, relevant que pour dépasser cette lacune, la Bourse de Casablanca a préparé un guide de bonnes pratiques de gouvernance, dédié aux PME et un autre pour les grandes entreprises.

"Le passage d'une gestion familiale à un mode de gestion avec une bonne gouvernance se fait par des étapes et nécessite quelques années", a-t-il expliqué, affirmant que des équipes sont à la disposition des chefs d'entreprises pour les accompagner à mettre en place les bonnes pratiques de gouvernance avant l'opération d'introduction", a soutenu le DG de la place de Casablanca.

Parmi les autres freins, figure également la crainte de certains entrepreneurs de perdre le contrôle de leurs entreprises, a-t-il poursuivi, estimant que "cette crainte n'est pas fondée" dans le sens où l'introduction en bourse peut se faire par la cession de 20 à 30 pc du capital, au lieu de 51 pc, tout en gardant le contrôle de l'entreprise.

Et d'ajouter que la cotation en bourse, qui suppose que les actions de la société soient au porteur, pose également le problème du passage de la société à responsabilité limitée (SARL) à une SA et crée parfois quelques réticences de la part des entreprises.

S'agissant du nombre réduit des entreprises ayant accédé à la cote cette année, M. Hajji a souligné qu'il s'agit d'une question qui trouve son explication dans "la culture des entrepreneurs marocains qui ont souvent une certaine réticence à s'introduire en bourse", une opération qui nécessite transparence, bonne gouvernance, publication des résultats de manière semestrielle, un business plan clair et une visibilité vis-à-vis des investisseurs.

"Tout cela constitue des contraintes pour les entrepreneurs qui n'ont pas l'habitude de s'astreindre à ces disciplines", a-t-il argué, soulignant que ces contraintes vis-vis de l'extérieur contribuent d'une autre manière à améliorer la gouvernance de l'entreprise, fixer des objectifs plus ambitieux et faire le maximum pour les atteindre, ce qui va se répercuter sur les résultats financiers de l'entreprise.

M. Hajji a mis l'accent sur "d'autres explications conjoncturelles qui tiennent au fait que des entrepreneurs estiment à tort que la bourse n'est pas valorisée aujourd'hui", affirmant que malgré cette situation, "la Bourse de Casablanca offre un niveau de valorisation qui est tout à fait compétitif par rapport à des bourses comparables dans des pays émergents comme l'Egypte, la Turquie et le Brésil".

En relation avec les performances de la place casablancaise durant les neuf premiers mois de l'année en cours, M. Hajji a indiqué que les indices boursiers s'inscrivent en retrait de 14 pc, relevant que "ces réalisations reflètent les résultats des entreprises qui ont annoncé des résultats en retrait par rapport aux prévisions des analystes financiers".

"Il y a aussi les retombées de la crise de la dette souveraine en Europe qui se sont traduites par une baisse des commandes de l'étranger adressées à des entreprises marocaines, un recul des recettes touristiques et un repli des investissements directs étrangers au Maroc", a-t-il ajouté.

M. Hajji, qui a fait état d'une faible contribution de la Bourse des Valeurs de Casablanca au financement de l'économie au Maroc, a fait savoir que ce financement se fait principalement par le bais du système bancaire.

Dans le contexte actuel, marqué par le développement de leurs encours de crédits qui augmentent plus vite que leur capacité à collecter les ressources, les banques sont forcément appelées à être plus prudentes dans la manière de distribuer le crédit, d'où l'intérêt pour les entreprises d'envisager une introduction en bourse pour financer leurs investissements.

M. Hajji a assuré que l'accès à la cote n'est pas synonyme d'une concurrence aux banques, mais d'une complémentarité entre ces deux acteurs, car, a-t-il expliqué, "lever du capital à travers une introduction en bourse renforce les fonds propres des entreprises et leurs structures financières" et offre une assise solide aux banquiers lors d'une éventuelle opération de prêt.

Mustapha EL AYADI / MAP

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