Nouveau département dédié aux Arts de l'Islam du Louvre
Une place de choix pour le Maroc
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Inauguré mardi par le président français, le nouveau département dédié aux Arts de l'Islam du Louvre de Paris met en lumière une grande civilisation, à travers une collection d'œuvres inédites témoignant de la diversité des créations artistiques issues de mille deux cent ans d'histoire du Maroc à l'Inde. Les chefs d'œuvres, d'origine marocaine, y occupent une place de choix.
"L'aile de libellulle" qui forme la toiture du nouveau département dédié aux Arts de l'Islam du musée du Louvre de Paris est une véritable prouesse architecturale. /DR
Qu'elles proviennent des dynasties almohades, almoravides ou encore mérinides, les pièces marocaines exposées dans la nouvelle aile dédiée aux Arts de l'Islam, au Musée du Louvre de Paris, font partie d'une collection d'œuvres inédites qui témoignent de la diversité d'inspiration et de la créativité des terres d'Islam.
Des chefs d'œuvres, d'origine marocaine, sont en effet parmi les pièces phares de la précieuse collection du Louvre, l'une des plus riches et plus belles du monde dans le domaine des arts de l'Islam du VIIe au XIXe siècle.
“Les œuvres provenant du Maroc occupent une place de choix dans le parcours de cette civilisation, qui s'étend de l'Espagne à l'Inde et du VIIe au XIXe siècle”.
Gwenaëlle Fellinger, directrice adjointe du Département dans un entretien à la MAP.
Elles sont mises en valeur parmi 15.000 pièces qui forment cette collection, dans ces nouveaux espaces aménagés sur deux niveaux dans la cour Visconti du Palais du Louvre, et qui constituent une véritable prouesse architecturale.
Le visiteur de ces nouveaux espaces du Louvre pourra notamment découvrir des fragments des minbars de la Koutoubia (2e quart du XIIe siècle), de l'université Al Qarawiyn (milieu du XIIe siècle) ou encore de la Médersa Bou Inaniya de Fès (milieu du XIVe siècle).
Il serait aussi tenté de s'arrêter près des linteaux et des corbeaux de bois sculpté provenant de Fès et de Rabat et datés de l'époque Mérinide (XIVe siècle), et représentatifs des techniques de maçonnerie et d'architecture de cette dynastie.
Une autre pièce phare des dynasties almohades et almoravides cette fois, durant leur règne en Espagne, un très beau lion de bronze à queue articulée, qui servait probablement de bouche de fontaine.
Au total, le nouveau département du Louvre réservé aux Arts de l'Islam accueille, sur une superficie de 2.800 m2, une collection riche de plus de quinze mille objets, complétée par trois mille cinq cent œuvres déposées par le musée des Arts décoratifs voisin. Le tout est installé dans cette nouvelle aile dont la couverture forme un nuage doré flottant au-dessus de la muséographie... Une “aile de libellule” comme la nomme Mario Bellini, co-concepteur du projet avec l'architecte Rudy Ricciotti.
“Il était indispensable qu'une civilisation si importante, si intimement liée à l'ensemble des domaines couverts par le Louvre, touchant tant de siècles et de pays, ait enfin droit à des espaces dignes en qualité et en surface”.
Le président-directeur du Musée du Louvre, Henri Loyrette.
Un défi architectural et technique
Les nouveaux espaces dédiés à la civilisation islamique dans le musée du Louvre sont l'aboutissement d'un projet lancé en 2003 par l'ex-président Chirac. Ce chantier colossal, dont le coût avoisine les 100 millions d'euros, est érigé en deux niveaux sous une verrière ondulante aux reflets dorés qui semble flotter.
Le rez-de-cour est consacré aux œuvres datant du VIIe au XIe siècle, tandis que le sous-sol contient des œuvres allant du XIe à la fin du XVIIIe siècle et notamment une prestigieuse collection de tapis.

