Art et Printemps arabes :À Assilah, les chercheurs circonspects

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Lors d'une rencontre “Maghreb pluriel”, organisée la semaine dernière dans le cadre du 34ème Moussem culturel international d'Assilah, des spécialistes et historiens de l'art sont restés dubitatifs pour donner une lecture au virage que prendrait l'art au Maghreb, à la lumière du bouillonnement social et des transitions démocratiques.

Entre sentiments d'espoir, interrogations, analyse réaliste ou accusation sèche de l'artiste responsable dans le rétrécissement de son rôle, les avis des participants à une rencontre sur “Maghreb pluriel”, organisée dans le cadre du 34ème Moussem culturel international d'Assilah, démontrent toute la diversité, mais aussi la complexité des visions artistiques au Maghreb, à la lumière d'une actualité brûlante.

Entre espoir...

Évoquant ainsi les Printemps arabes, Nadine Descendre, directrice de l'Agence interculturelle européenne, a estimé qu'“il s'agit bien du passage d'un stade de développement historique à un autre”, la transition démocratique en cours ayant “levé bien des espoirs chez les artistes, dans le milieu professionnel de l'art et au niveau même de l'inconscient des publics”.

... désillusions et réalisme

Le chercheur en art, Farid Zahi, lui, n'a pas été particulièrement tendre avec l'artiste, “depuis plus de deux décennies recroquevillé sur lui-même, les questions qu'il pose ne s'élèvent jamais à la hauteur de la gravité de la réalité, le rythme d'analyse de son environnement reste inapproprié”.

Pour Zahi, le Maghreb vit aujourd'hui dans des archipels culturels, où chaque acteur culturel travaille dans son coin sans interaction aucune. Le chercheur souligne qu'il y a plus que jamais besoin de “récupérer l'artiste-intellectuel”, d'autant plus que les enjeux sont de taille, dans ce contexte marqué par la numérisation à outrance, le flot d'images, le retour au sacré et à la religiosité.

De son côté, la philosophe et historienne de l'art à l'université de Tunis, Rachida Triki a traité de la question de l'art contemporain, sous l'angle identité-visibilité. Elle considère que dans le contexte de transition et de crise, l'artiste se pose aujourd'hui moult interrogations liées à sa légitimité, sa place dans la société, son engagement, la notion même de son identité.

Quant à la visibilité, la chercheuse considère que les Maghrébins sont appelés dans un premier temps à se concentrer sur la scène artistique locale, avant de prétendre à une visibilité à l'extérieur... D'où la nécessité pour l'art contemporain dans les pays du Maghreb de disposer de musées, de centres d'art, de recherche historique et d'image, conclut-elle.

aufait avec MAP


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