Biennale de Photographie d'Amsterdam :Le Maroc représenté pour la première fois !

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Cinq photographes marocains ont été sélectionnés par la commissaire d’exposition Alya Sebti autour du thème “Paysages urbains”, pour représenter le pavillon du Maroc à la Biennale de Photographie d’Amsterdam. Khalil Nemmaoui, Saad Tazi, Leila Alaoui, Zineb Andress Arraki et Houda Kabbaj vont pouvoir y montrer leur façon d'interpréter le paysage urbain.

Crossing 2012 - Photographie par Leila Alaoui. /DR
Crossing 2012 - Photographie par Leila Alaoui. /DR
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In'N Out, Istanboul 2011 par Saad Tazi. /DR
In'N Out, Istanboul 2011 par Saad Tazi. /DR
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Le pavillon marocain de la Biennale de Photographie d’Amsterdam (GRID) qui commence le 17 mai et durera jusqu'au 1er juillet, va abriter les œuvres de cinq photographes autour du thème “Paysages urbains”. Ce rendez-vous du monde de l'image qui réunit 500.000 visiteurs, réunit les acteurs de la discipline confirmés et émergents, venus du monde entier, à travers de multiples musées et galeries de la capitale hollandaise.

Cinq artistes, cinq sensibilités

Parmi les photographes représentant le Maroc, certains, tels que Zineb Andress Arraki, s’investissent totalement dans l'espace et plongent dans ses entrailles industrielles, d’autres tels que Saad Tazi cherchent à découvrir les infimes détails invisibles à notre œil souvent pressé, pour y retrouver des “territoires imaginaires”, explique la commissaire de l'exposition, Alya Sebti.

Parmi les œuvres présentées, il y a les immigrés sub-sahariens évoqués dans la série “Crossings” de Leila Alaoui qui eux, se battent pour cet espace urbain, franchissant un à un les obstacles qui les séparent de ce nirvana bétonné, souvent inaccessible.

D’autres enfin tels que Houda Kabbaj surprennent le paysage urbain dans un moment volé, fenêtre ouverte sur l’intimité de cette ville cachée, mais surtout comme Khalil Nemmaoui qui a si bien réussi à saisir la ville dans un moment inédit d’accalmie: une bulle suspendue dans le temps, quelques minutes sacrées lorsque la ville se vide de ses habitants au moment de la rupture du jeûne, décrit encore la commissaire de l'exposition.

Loin des stéréotypes

Cette exposition n’a pas pour objectif d’exhiber et jauger les stéréotypes qui marquent nos environnements urbains, met en garde Alya Sebti; au contraire, devant les lectures de ces individualités très différentes et complémentaires, elle se prête au jeu d’une réinterprétation du concept de réalité urbaine, montrant les similitudes des silences, odeurs et cadences, explique encore la commissaire de l'exposition.

“En découvrant l’ensemble de ce dialogue, peut-être pourrons nous alors nous perdre dans les dédales de ces rues et découvrir que, où qu’elles se trouvent, quelles que soient leurs histoires, elles constituent les mêmes réalités urbaines de notre imaginaire collectif.”

Alya Sebti, commissaire de l'exposition.

Bios express

• Saad Tazi: Né en 1966 à Casablanca, Saad Tazi est anthropologue et photographe. Son œuvre est reconnue pour capter la beauté invisible à l’œil pressé, mélanger la nostalgie des matériaux et des supports, avec la diversité des références religieuses, picturales ou mathématiques. Son travail principal, Territoire imaginaire, se réfère à celui que nous construisons dans nos esprits, constitué d’infimes détails qu’il saisit au cours de ses nombreux voyages.
• Khalil Nemmaoui: Après des études scientifiques au Maroc et en France, Khalil Nemmaoui a tenu sa première exposition Casablanca, Fragments d'imaginaire, en 1997. Sa série la plus célèbre, La Maison de l'arbre, qui évoque le thème du paysage, a remporté le prix de l'OIF à la rencontre de Bamako en 2011. Sa nouvelle série, La Ville affranchie, représente Casablanca, dans son intimité, libérée de son trafic frénétique.
• Leila Alaoui: Cette photographe franco-marocaine travaille essentiellement sur le portrait, les identités culturelles et la migration. Son projet Les Marocains, est un hommage à la diversité ethnique et culturelle du Maroc, travail d’archives sur l’esthétique des ces réalités sociales. Sa nouvelle série Crossings explore les dures épreuves physiques et naturelles que les migrants subsahariens doivent traverser avant d’atteindre l’Europe.
• Zineb Andress Arraki: Cette architecte née en 1984, a fait de son mémoire de fin d’étude, Et si le noir fabriquait l’architecture? la genèse de son travail. Depuis 2008, elle envoie sur Facebook trois photographies prises chaque jour depuis son smartphone. Une démarche visant à interroger l’habituel, le banal, le quotidien.
• Houda Kabbaj: Architecte et photographe, ses photographies capturent des bribes de paysages urbains à partir de ses projets urbains et de voyages en Amérique latine. Selon elle, son travail photographique “est inconsciemment, fortement influencé par ma formation d’architecte. Depuis mon adolescence, j'ai utilisé la photographie comme un instrument expérimental pour sonder mon entourage. A travers ce travail, j'essaye de capter les illusions diluées de la réalité.”

aufait


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