Problème du Sahara
Arrêter la diplomatie de façade
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L'ex- ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Taib Fassi-Fihri, a souligné, à Manhasset, lors des derniers pourparlers entre le Maroc et l'Algérie sur la question du Sahara. /MAP
Le problème du Sahara, objet de fermeture des frontières entre le Maroc et l’Algérie depuis 1994, grippe la machine Union du Maghreb Arabe, dans une région en plein balbutiement politique, et surtout en quête d’un souffle nouveau, au vu du ballet diplomatique auquel on a eu droit ces derniers mois.
Saad Eddine El Othmani, ministre des Affaires étrangères marocain a choisi Alger pour sa première visite étrangère, alors que depuis 2003, aucun diplomate marocain n’y avait mis les pieds. En avril dernier, le ministre de l’Agriculture algérien s’était officiellement déplacé au Maroc dans le cadre du Salon international de l’agriculture de Meknès. Et ce mercredi, le président tunisien Moncef Marzouki entre dans la valse diplomatique pour raffermir les relations maroco-algériennes dans l’espoir de relancer l’Union du Maghreb Arabe.
Si l’on se réfère aux derniers discours des deux diplomates de service de Rabat et d’Alger, on se dit que l’ouverture des frontières entre les pays n’est plus qu’une question de mois. “Notre stratégie est basée sur les questions qui font l'objet de consensus entre les deux pays. Quant à celles à l'origine de divergences, nous allons les poser en toute transparence”, dixit Saad Eddine El Othmani, lors de sa visite à Alger, les 23 et 24 janvier dernier. Alors question: pourquoi Rabat et Alger n’ouvrent-ils pas leurs frontières qui d'ailleurs n’étaient pas fermées avant cet attentat en 1994 imputé aux services secrets algériens par le Maroc?
La réaction de Mourad Medelci, ministre algérien des Affaires étrangères, m’oblige à poser la question autrement: puisqu’avant 1994, les frontières entre les deux pays étaient ouvertes malgré le conflit latent du Sahara qui date des indépendances, pourquoi ne pas revenir à ce schéma, qui consistait à régler un conflit politique en laissant libre cours aux activités économiques? “Le gouvernement algérien considère que le développement des relations avec le Maroc est une priorité”, avait réagi Medelci, lors de la visite d’El Othmani. Alors, diplomatie à part, au lieu de tenir la jambe aux deux peuples frères, ce qui se fait depuis des années, l’heure est venue de montrer un esprit d’ouverture.
Le Maroc ne cesse de faire le premier pas aussi bien dans les pourparlers dans le cadre de l’ONU que dans les relations bilatérales. À l’Algérie d’arrêter la diplomatie de façade pour que règnent des relations de confiance et surtout d’ouverture dans un Maghreb en quête d’un nouveau souffle.


