Un optimisme social
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Quand aufait m’a proposé d’être, le temps d’un jour, rédactrice en chef de son numéro du mercredi 31 janvier 2012, je n’ai pas cherché bien longtemps le thème de mon édito. La présence d’une unique femme au gouvernement? Le sujet fut bien couvert par toutes et par tous. L’élection, pour la première fois dans l’histoire de notre vieux pays, d’une femme à la tête du PSU? Non plus, la presse ce mois-ci y revient, pour mon plus grand bonheur, très longuement.
Pour moi, ça ne fait aucun doute, ce qui m’inspire aujourd’hui chers lecteurs, c’est le vent d’optimisme qui souffle sur la planète sociale au Maroc. Il n’y a qu’à voir les derniers résultats du rapport du HCP. Le Maroc avance, et il avance bien.
À titre d’exemple, la réduction de l’extrême pauvreté et de la faim, où nous sommes passés de 6,7% à 3,6% de la population disposant de moins de un dollar par jour entre 1990 et 2009.
L’éducation, où le taux de scolarité des enfants de 6 à 11 ans est passé de 52 à 90% pour la même période; la parité filles-garçons en progression linéaire avec l’accès à l’enseignement des filles passé de 66% à 89%, et dans l’enseignement secondaire un taux de parité passant de 66% à 97%.
Une avancée remarquable de l’accès à l'eau potable pour 89% de la population en 2009 contre 14% en 1990.
Autant de bons chiffres qui viennent sanctionner près de dix neuf années d’un excellent travail fait par tous les acteurs de la société, sous la bienveillante et rigoureuse supervision de notre Roi. Nous devons cependant les analyser avec prudence, et garder cheville au corps cette vigilance qui a tant de fois fait défaut à ceux qui se relâchent, quand pointent à l’horizon les balbutiements d’un début de succès, qui a tellement besoin que l’on continue de l’accompagner encore et encore.
La tentation est grande, quand on voit le chemin parcouru, de se laisser aller et de profiter de ces bons chiffres pour ne plus rien faire. Rien de pire alors, car c’est bien à ce moment là, ce moment précis ou le feu prend, qu’il faut le nourrir davantage, et toujours vérifier que la cheminée du progrès social continue de tirer.
Cette exigence, je le sais pour ne les connaître que trop bien, les acteurs de la société civile, ces héros invisibles qui font tant pour le pays, en ont pris la juste mesure.
Ainsi l'association l’Heure Joyeuse, forte de 50 années d’existence et de plus de 60 acteurs sociaux, entre les 20 bénévoles et les 40 salariés: elle a depuis longtemps inscrit son action dans les problématiques sociales les plus criantes.
La santé: par sa lutte constante depuis 40 années contre la mortalité infantile, l'Heure Joyeuse a allié intelligemment la santé et la formation des mères ignorantes, à l’hygiène de la mère et de l’enfant, et ceci pour plus de 12.000 bébés en grande souffrance à leur arrivée, et dont la vie a été “remise à l'étrier”.
L’éducation: pour les enfants en danger de rue, issus de familles en situation de grande précarité, leur permettant d’une part de recréer le lien familial, et des passerelles éducatives, pour insérer ou réinsérer l’école... De quoi leur donner ce minimum d’instruction leur permettant demain d’inscrire leur avenir dans l'espoir et non plus dans l’exclusion.
La scolarisation, en particulier dans le monde rural enclavé: dès 1997, interpellée par le chiffre alarmant de 9 femmes sur 10 analphabètes, l'Heure Joyeuse lance sous le haut patronage du Roi Hassan II, l’opération 100.000 cartables, avec comme accroche “aidons-la à prendre le chemin de l’école”, et participe ainsi à l’effort de scolarisation, comme le rapporte une étude d’impact des pouvoirs publics. L’Etat en a fait aujourd’hui une action prioritaire et l’a généralisée à tout l’enseignement primaire.
L’opération vélos, qui rapproche du collège et du lycée, lancée en 2007 par l’Heure Joyeuse, connaît le même succès dans la lutte contre l’abandon scolaire.
Aujourd’hui, après 50 ans d’engagement, l’Heure Joyeuse toujours en lutte contre l'exclusion, s’est engagée dans un programme ambitieux de formation-insertion en faveur des jeunes, souvent très tôt déscolarisés, des quartiers les plus défavorisés de Casablanca, pour une insertion personnalisée avec les entreprises partenaires. À titre d’illustration, 355 jeunes ont été formés par la Cellule d’orientation et d’insertion professionnelle (COIP) de l’Heure Joyeuse, et recrutés à l'ouverture du Morocco mall, pour notre plus grande fierté.
L’Heure Joyeuse: une histoire d’engagement d’hommes et de femmes, salariés, bénévoles, partenaires, donateurs, responsables publics et privés... Une magnifique chaîne de solidarité, à l’image de notre Maroc tel que nous le voulons, engagé, solidaire et responsable.



