Omar Balafrej
Espoirs

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Notre pays vit depuis quelque mois une effervescence citoyenne.  Une partie de la jeunesse s’est enfin levée pour dire “NON”.

Non! Tout ne va pas bien au Maroc contrairement à ce que nos médias officiels nous martèlent depuis 10 ans.

Non! Les milliards de dollars dépensés dans des stratégies et des grands chantiers imposés par le haut ne sont pas LA solution à nos problèmes.

Non! Les richesses du Maroc ne peuvent pas continuer à ne bénéficier qu’à une petite élite.

Non! Le Maroc ne peut pas rester en dehors de la marche de l’histoire démocratique mondiale.

À mon sens, le 20 février est venu contredire tous ceux qui pensaient que le Maroc n’était qu’un peuple d’individualistes conservateurs. Certes, les initiateurs du mouvement et ceux qui ont suivi leur appel à sortir dans la rue ne sont qu’une petite minorité au sein de notre société, mais on peut construire à partir de cette minorité. Et puis, y a-t-il déjà eu, dans l’Histoire, des progrès sociétaux qui ne soient d’abord revendiqués par une minorité? Non!

Ne serait-ce que chez nous, rappelons-nous qu’en 1944, ils étaient seulement 67 à demander l’indépendance. 67 citoyens dont les plus jeunes, Mehdi Benbarka et Abderrahim Bouabid, n’avaient que 22 ans. 67 citoyens qui, au risque de leur vie et le plus souvent contre l’avis de leur propre famille, prirent leur destin en main pour revendiquer le droit à la dignité et à la liberté pour tous les  Marocains.

J’aime faire le parallèle entre ce passé glorieux et notre époque. Les temps sont différents, les moyens aussi. Internet et les réseaux sociaux permettent aujourd’hui de mobiliser plus de monde et beaucoup plus rapidement, mais les raisons de s’engager n’ont pas beaucoup changé. Le Maroc est un pays pauvre et fortement inégalitaire. À tous les feux rouges, des enfants quémandent une pièce auprès de carrosses qui représentent parfois plus de cent ans de SMIG! On meurt encore à l’hopital public par manque d’équipements standards, comme le décrit si bien le médecin blogeur Zaari Jabiri! Dans les écoles publiques de nos quartiers populaires, les enfants sont souvent plus de 50 par classe! La bourse étudiant est toujours de 150 dirhams par mois! Un aller-retour Rabat-Casablanca en train coûte à peu de choses près une journée de SMIG...

Le Maroc est un pays pauvre. Tous nos problèmes ne pourront être résolus d’un coup de baguette magique, mais des solutions existent. Notre pays a besoin d’urgence, d’un pacte de confiance social où les plus riches contribueraient enfin au besoin brûlant de redistribution.

Je crois profondément à l’intelligence collective qui peut émaner d’un système démocratique. Je ne crois pas aux miracles, mais à la confrontation d’idées et de projets issus de mouvements politiques capables de les mettre en œuvre au sein d’une vraie monarchie parlementaire.

Gageons que la citoyenneté retrouvée en ce début d’année 2011, puisse enfin nous permettre d’amorcer la construction d’un Maroc plus juste, d’un Maroc fier et ambitieux.

Bio

Omar Balafrej, directeur général du Technopark de Casablanca et Président de la Fondation Bouabid, est né le 26 octobre 1973 à Rabat où il a grandit.
Après le bac (Bac C, mention Bien), il part à Paris où il s'inscrit en prépa Math sup Math spé avant de rejoindre l'Ecole Centrale de Lyon. Diplôme en poche, il rentre au Maroc où il travaille au sein du groupe ONA.
Homme de gauche, il milite au sein de l'USFP depuis 1997 mais quitte le parti en 2010. Il a été conseiller municipal à Ifrane de 2003 à 2009. En 2009, il prend la Présidence de la Fondation Abderrahim Bouabid. Une fondation qui se donne pour mission de contribuer au débat public sur les grands problèmes de société, en favorisant la réflexion susceptible d'en éclairer les enjeux, dans les domaines culturel et scientifique. Pôle d’analyse et d’observation privilégié des mutations qui travaillent la société marocaine dans un contexte d’ouverture sur le monde, la FAB jouit d’une notoriété liée autant à la qualité de ses apports qu’au prestige des intervenants marocains et étrangers qui s’y sont exprimés (www.fab.ma).
Omar Balafrej est également co-initiateur de l’appel “Clarté, Ambition Courage” (www.ambition.ma). Un appel au réveil de la gauche marocaine qui a plus de 700 signataires. Il n'exclut pas de transformer cet appel en parti politique à moyen terme.

Omar Balafrej, Président de la Fondation Bouabid

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