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Célébration du 212ème anniversaire de la Révolution française
Mourir pour la France
Hier, la France célébrait le 212ème anniversaire de sa Révolution avec le traditionnel défilé militaire sur l’Avenue des Champs Elysées à Paris. Cette année, des contingents de 13 pays africains, tous anciennes colonies françaises, ont défilé devant leurs présidents, invités du Président Sarkozy qui a déclaré sur un ton grandiloquent: “c'est le lien du sang que nous célébrons, le lien né de la contribution des troupes africaines à la défense et à la libération de la France…Des milliers de soldats venus d'Afrique sont morts pour la France lors des deux guerres mondiales”.
Mais ces soldats avaient-ils décidé librement de mourir pour la France? Leur décision était-elle motivée par un élan patriotique? Pouvaient-ils être motivés par des principes de paix et de liberté alors qu’eux-mêmes étaient colonisés? Serait-on heureux de mourir pour un autre pays?
La réalité est que ces milliers de paysans ont été enrôlés de force par les autorités coloniales et envoyés au front pour servir de chair à canon.
Une fois la France libérée, cette même France, redevenue colonisatrice, a déployé ces contingents pour mater les mouvements d’indépendance dans plusieurs de ses colonies. C’est ainsi que les tirailleurs sénégalais ont dû sévir dans plusieurs régions du Maroc, les nôtres ont fait de même en Indochine... Mais un Français accepterait-il un jour de mourir pour le Maroc ou pour tout autre pays africain? Le lui demanderait-on seulement? La réponse est non.
De plus, l’ancien combattant africain ne sera jamais traité de la même manière que son compagnon d’arme français, même si la France a finalement décidé -quarante ans après, alors qu'ils sont presque tous décécés- l’alignement de leurs pensions.
La preuve: quand un Africain part pour travailler en France, il est étiqueté “immigré” quelle que soit la durée de son séjour; un Français qui travaille en Afrique, est quant à lui considéré comme “expatrié”. Deux qualificatifs pour désigner un même phénomène.
À méditer...



