Najlae Benmbarek, journaliste
Espoir et volonté
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Ma mission du mois en tant que journaliste: un diagnostic de la rentrée scolaire à la lueur du “programme d’urgence”.
Programme d’urgence? Des airs de “déjà-entendu”, de ressassé, de conférences réunissant moustachus bedonnants et petits fours rassis, d’événements creux, de slogans peu convaincants et de déclarations à la presse farcies d’intentions louables.
En voici un exemple malheureusement trop isolé, qu'on aurait aimé voir se multiplier dans notre pays, partout, toujours.
Mercredi matin, à une vingtaine de kilomètres de Taounate, le douar de Galaz. L’école du village est une bouffée de couleurs au milieu des montagnes. Des petits bouts de choux en blouses bleues ou roses pressent le pas dans la boue. L’école est propre, les espaces verts soignés, les enseignants souriants, la directrice rigoureuse et dynamique. Avec l’aide du ministère, elle a pu apporter un souffle nouveau à l’établissement.
Après l’allégeance au drapeau, c’est le moment de la radio scolaire. Une radio aux modestes moyens: un petit microphone relié à deux enceintes d’ordinateur, mais les élèves sont à l’écoute de leur camarade qui leur parle de l’info du jour et leur apprend un proverbe et son sens.
Puis direction les salles de cours. Premier objectif: unifier les niveaux des élèves, car la plupart n’a pas bénéficié du préscolaire. Quelques écoliers ont encore une difficulté à écrire certaines lettres.
Au premier rang de la classe de CE1, deux enfants handicapés. Pour une fois, c’est l’école qui s’est adaptée à eux en leur créant des sièges et des tables sur mesure.
Après les mathématiques, l’arabe et le français, pause goûter. Puis les enfants vont jeter les détritus dans des poubelles triées. Les membres du club de l’environnement utilisent les déchets organiques pour faire du compost pour le jardin.
Un autre groupe s’initie à la peinture. Le matériel est un don d’associations marocaines et étrangères. A l’extérieur, l’INDH a fait construire un terrain de sport. L’addition de tous ces petits éléments positifs a fait des élèves de Galaz des enfants épanouis, attentifs, avec une volonté d’étudier, d’avancer. La recette gagnante ici a été la volonté de l’équipe pédagogique conjuguée à l’appui du ministère de tutelle. Et dans ce domaine, grande est l’urgence. Encourageants sont les premiers résultats.
Bio
Najlae Benmbarek, journaliste, est née en 1981 à Rabat où elle a passé son enfance.
Elle y commence également ses études à l'Ecole de journalisme de Rabat: l'Isic. Après l'obtention de son diplôme, elle rejoint l'école de journalisme de Strasbourg (France) où elle obtient un DESS en journalisme des affaires européennes. Puis elle part pour San Francisco aux Ètats-Unis, pour rejoindre la prestigieuse Université de Berkeley où elle obtient un Master en journalisme audiovisuel (Spécialité grand reportage).
En 2006, c'est le retour au pays où elle intègre l'équipe du magazine “Grand Angle” de 2M.
Najlae a été plusieurs fois récompensée pour son travail. En 2009, elle obtient le Prix international du documentaire et du reportage méditerranéen dans la catégorie “Magazines de télévision” pour son reportage “Les forts de l'Atlas”.
Elle obtient également en juin 2009, le prix “CNN Afrique” pour le meilleur reportage de télévision dans la catégorie francophone. Ses reportages et enquêtes ont été diffusés sur 2M, CNN, ABC News et PBS.



