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Découverte sur les origines de l’homme moderne

Découverte sur les origines de l’homme moderne
Dernière mise à jour le 09/08/2012 à 5:41

D’où venons nous ? De nouveaux fossiles découverts au Kenya apportent la preuve de la diversité des premiers représentants du genre Homo, auquel appartient l’Homme moderne, selon une étude publiée mercredi dans la revue scientifique britannique Nature.

Les nouvelles pièces du puzzle – une face, une mâchoire inférieure complète et une partie d’une seconde mâchoire inférieure – ont été découvertes entre 2007 et 2009 à l’est du lac Turkana par le projet de recherche Koobi Fora (KFRP), dirigé par Meave Leakey et sa fille Louise Leakey.

Ces nouveaux fossiles confirment, disent les auteurs de l’étude, qu’ont co-existé sur le continent africain, il y a près de deux millions d’années, deux espèces distinctes d’Homo erectus, Homo habilis et Homo rudolfensis.

« Il est maintenant clair que deux espèces d’Homo ont vécu en même temps qu’H. erectus », a déclaré Fred Spoor (Institut Max Planck d’anthropologie évolutionniste, Leipzig, Allemagne) qui a dirigé les analyses scientifiques.

« L’évolution humaine n’est manifestement pas la ligne droite » qui a pu être tracée par le passé, a-t-il commenté au cours d’une téléconférence.

Le débat sur le nombre des espèces d’Homo présentes au début du Pléistocène a été ouvert en 1972, avec la découverte par le KFRP d’un crâne connu sous l’appellation « KNM-ER 1470″, sur le site de Koobi Fora au Kenya. Ce crâne fut originellement daté à 2,8 millions d’années, avant d’être réévalué à 1,9 million d’années.

Sa taxonomie (classification) est restée controversée ces quatre dernières décennies. Il a d’abord été classé parmi les H. habilis, espèce dont Louis Leakey, beau-père de Meave Leakey, est le co-découvreur, puis attribué au genre Australopithecus et fut enfin à l’origine de la création d’une nouvelle espèce, H. rudolfensis (de lac Rodolphe, ancien nom du lac Turkana).

« Enfin des réponses »

La morphologie de KNM-ER 1470 est inhabituelle, mais les comparaisons étaient rendues difficiles du fait qu’il lui manquait la mâchoire inférieure et les dents. De plus, la découverte restait isolée.

Les trois fossiles mis au jour dans un rayon d’une dizaine de kilomètres autour de la localisation de KNM-ER 1470, qui remontent à entre 1,78 million et 1,95 million d’années, permettent d’en compléter le portrait.

« Ces 40 dernières années, nous avons activement recherché dans la vaste étendue de sédiments autour du lac Turkana des fossiles qui confirment les caractéristiques uniques du visage de KNM-ER 1470 et nous montrent à quoi ses dents et sa mâchoire inférieure auraient ressemblé », a expliqué Meave Leakey. « Nous avons enfin des réponses », a-t-elle ajouté.

« Les nouveaux fossiles vont grandement contribuer à éclairer la manière dont notre branche de l’évolution humaine est apparue et a prospéré il y a près de deux millions d’années », a souligné Fred Spoor.

Des experts estiment que ces résultats montrent bien la complexité de l’évolution humaine, mais restent prudents sur la manière dont ils doivent être interprétés.

Dans un commentaire publié par Nature, Bernard Wood (Université George Washington, Washington, Etats-Unis) invite à poursuivre les analyses.

« Peut-être ces deux taxons appartenaient-ils à une lignée différente de celle dont H. sapiens est issu ? », s’interroge le paléoanthropologue.

« Ma prédiction est que d’ici à 2064, un siècle après la description par Leakey d’H. habilis, les chercheurs considéreront nos hypothèses actuelles sur cette période de l’évolution humaine comme remarquablement simplistes », conclut-il.

Toutes les espèces du genre Homo sont aujourd’hui éteintes sauf H. sapiens.

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