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Noah et Forget opposent « l’optimisation des revenus » à l’évasion fiscale

Noah et Forget opposent « l’optimisation des revenus » à l’évasion fiscale
Dernière mise à jour le 19/06/2012 à 22:38

Les ex-capitaines et vainqueurs de Coupe Davis de tennis, Yannick Noah et Guy Forget, ont tenté d’opposer l’ »optimisation des revenus », qu’ils ont pratiquée, à des faits d’évasion fiscale, mardi, lors d’une audition de la commission d’enquête du Sénat sur l’évasion des capitaux.

Les deux anciens équipiers ont d’abord mis en avant la brièveté d’une carrière de joueur devant la commission présidée par le sénateur Philippe Dominati qui a déjà interrogé d’autres sportifs et remettra son rapport d’ici à un mois.

« En tennis, on a une carrière courte », a plaidé Guy Forget, installé en Suisse depuis une vingtaine d’années. « Pendant cette période qui dure une dizaine d’années, les joueurs essayent d’optimiser leurs revenus », a-t-il poursuivi, précisant que seuls les 120 meilleurs joueurs du circuit « rentrent dans leurs frais » et que les joueurs classés au-delà de ce rang perdent de l’argent.

Selon lui, le budget annuel minimal pour un joueur du Top 100 est de 125.000 euros en incluant les frais divers (entraîneur, déplacements…).

« Pendant notre carrière, on essaye donc de trouver les endroits les plus avantageux, la Floride, Monaco, la Suisse pour optimiser les gains et ne pas connaître la double imposition », a-t-il poursuivi, expliquant que les joueurs, quelle que soit leur nationalité, acquittaient déjà un impôt auprès du fisc français dès qu’ils jouent en France, de l’ordre de 50% de leurs gains.

« Il y a des joueurs qui préfèrent aller jouer des tournois à l’étranger, où la ponction fiscale est moins lourde », a continué Forget citant les Etats-Unis.

« Actuellement, il y a six ou sept garçons qui sont domiciliés à l’étranger à repris Forget, évoquant sans les citer Jo-Wilfried Tsonga, Julien Benneteau ou Gilles Simon. Ils jouent beaucoup en France et sont taxés à 50% sur leurs gains, comme les joueurs étrangers. Ils sont perçus comme des joueurs qui fuient mais ce n’est pas le cas. Dans leur esprit, ce n’est pas une évasion fiscale. »

Noah prône le partage

Interpellé sur son exil en Suisse au lendemain de sa retraite sportive au début des années 90, Yannick Noah a justifié son choix « par la peur du lendemain » et a rappelé qu’il était rentré au bout de trois ans.

« Aujourd’hui, je gagne mon argent ici grâce au public français, donc je paye mes impôts en France », a rappelé Yannick Noah, reconverti dans la chanson. « Si j’étais une vedette internationale je réagirais différemment. Je ne vais pas conseiller à mon fils (le joueur de basket Joakim Noah, NDLR) qui a fait toute sa carrière aux Etats-Unis de venir payer ici, mais moi je paye ici ».

Le sénateur socialiste Yannick Vaugrenard a rappelé que l’évasion fiscale coûtait 51 milliards d’euros chaque année à l’Etat, en majorité imputable au monde de l’économie et non à l’exil fiscal des sportifs et des artistes.

Noah s’est ensuite à nouveau exprimé sur la tranche d’imposition à 75%, l’une des mesures fiscales annoncée par François Hollande pendant la campagne.

« Cela me semble juste que quelqu’un qui gagne autant d’argent le partage », a plaidé le vainqueur de Roland-Garros 1983 qui a concédé que certains joueurs « allaient être refroidis » lorsqu’ils devront acquitter un impôt majoré sur leurs gains dans les tournois français – seulement sur la partie des gains supérieure à un million d’euros.

Le chanteur s’est par ailleurs offusqué d’une question sur sa situation par rapport au fisc français, sujet qu’il avait demandé à ne pas être évoqué lors de cette audition ouverte au public.

« Le fisc me réclame une somme pour 93 que je conteste pour des raisons que je ne vais pas exposer ici », s’est emporté Noah.

« Je défends mes droits comme tout citoyen. Je le conteste et je continuerai à le faire. A l’heure où l’on parle, je ne dois rien », a ajouté celui qui ne veut pas recevoir de leçons d’exemplarité: « Il est très important de s’acquitter de l’impôt, et pour certains d’aller au-delà. Je ne vais pas dire comment et combien je reverse à la société », a déclaré Yannick Noah.

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