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Edito : Réformes douloureuses. À engager tout de suite

Edito : Réformes douloureuses. À engager tout de suite
Dernière mise à jour le 18/06/2012 à 15:54

“Le début de la décennie 1980 a été marqué par une détérioration prononcée des équilibres internes et externes, trouvant sa justification non seulement dans les faiblesses structurelles de l’économie marocaine (forte dépendance de la production vis à vis des aléas climatiques, vulnérabilité des exportations à l’égard des cours internationaux particulièrement des  phosphates, … ) mais également dans une conjoncture internationale défavorable (cours élevé du pétrole, flambée du dollar, hausse des taux d’intérêt… )”, selon un rapport du ministère des Finances de 1995.

En remplaçant 1980 par 2010, ce constat pourrait parfaitement être appliqué à la situation actuelle. En 1983, nous avions eu droit à de profondes réformes structurelles qui avaient conduit à modifier les impôts, à réformer le système bancaire, à assouplir le contrôle des changes, à bloquer quelques temps les importations, à dévaluer fortement le dirham, à introduire la TVA et à lancer tout un programme de privatisation. C’était le PAS, Programme d’Ajustement Structurel.

Aujourd’hui, les rapports des différents organismes nationaux se succèdent pour rendre compte d’un état avancé de dégradation de nos équilibres internes et externes. Le dernier en date émanant de l’Office des Changes, fait ressortir que notre déficit des échanges extérieurs qui traduit le solde des flux de devises qui rentrent et qui sortent du pays, chute déjà de 28,6% sur les premiers 5 mois de 2012 et n’a pas cessé de chuter de presque autant, chaque année depuis 2009.

Dans les années 80-90 les réformes douloureuses qui ont été mises en œuvre, ainsi que le lancement des privatisations, ont permis de retrouver les équilibres fondamentaux d’endettement, d’investissement et de réserve en devises. Fort de ces nouveaux acquis, le pays s’est lancé depuis 2000 dans une politique d’investissement en infrastructures, de soutien de la consommation et d’appel aux investissements étrangers. Portée également par les recettes de privatisation qui ont continué à alimenter les caisses de l’État jusqu’à 2009, cette politique a permis de créer de la croissance et d’augmenter les revenus moyens de la population.

Mais l’euphorie c’est fini, nous avons épuisé nos cartouches. Depuis 2000, les gouvernements qui se sont succédé ont joué sur du velours. C’est à la coalition du PJD qu’il revient de lever les défis et de poursuivre les réformes que nous attendons depuis plusieurs décennies. Au risque de déplaire aux riches et aux pauvres, aux islamistes et aux laïcs, aux patrons et aux salariés.

Le PAS (programme d’ajustement structurel) d’aujourd’hui, se traduirait par l’arrêt de la compensation, la refonte de la fiscalité, la dévaluation de la monnaie, la réforme de la CMR et des autres caisses de retraite, la réduction des dépenses budgétaires, la réforme du système bancaire, le blocage des salaires, l’intervention pour baisser les prix des terrains et de l’immobilier, l’arrêt des rentes, la lutte contre la corruption, la réforme de la justice, la réforme de l’éducation… En plus des 300 textes de loi à sortir, de la régionalisation et des diverses institutions à mettre en place.