Aufait Maroc

Canada : dispositif policier resserré pour un Grand Prix de F1 sans encombre

Canada: dispositif policier resserré pour un Grand Prix de F1 sans encombre
Dernière mise à jour le 10/06/2012 à 21:06

Un important dispositif policier a été déployé dimanche sous un soleil de plomb à Montréal où s’est tenu sans encombre le Grand Prix de Formule 1 que les étudiants québécois opposés à l’augmentation annoncée des frais de scolarité menaçaient de perturber.

Les forces de l’ordre, très présentes dès les premières heures de la matinée aux abords du circuit Gilles-Villeneuve, ont procédé à une trentaine « d’arrestations préventives », tandis que six personnes ont été interpellées pour des infractions, dont « intimidation et menaces envers les policiers », selon la porte-parole de la police, Annie Lemieux.

Certaines organisations étudiantes avaient annoncé leur intention de perturber la tenue du Grand Prix, remporté par le Britannique Lewis Hamilton (McLaren), en bloquant les accès du métro et en tentant de pénétrer dans l’enceinte du circuit.

Des contrôles de police ont notamment eu lieu à la station de métro Berri-Uqam, d’où part la ligne desservant le circuit de courses automobiles. Des dizaines de policiers, accompagnés d’un chien renifleur, y ont refoulé des personnes sans que l’on sache exactement selon quels critères.

« On ne peut pas accéder au site si on a les cheveux roses et qu’on n’a pas de billet », a assuré à l’AFP une jeune femme arborant une frange teintée de la couleur préférée des étudiants opposés depuis février à la hausse des frais de scolarité annoncée par le gouvernement du Québec, un conflit dont la contestation du Grand Prix est le prolongement.

« On m’a fait escorter par plusieurs policiers. C’était effrayant, j’ai vraiment eu la frousse. Ils traumatisent les gens qui n’avaient aucune intention de foutre la merde. Je voulais manifester pacifiquement, mais maintenant j’ai encore plus envie de foutre la merde », a dit Mélopée Montminy.

Un collégien de 17 ans, qui a voulu garder l’anonymat, a confié avoir été fouillé à trois reprises par les policiers, mais assuré que ceux-ci n’avaient pas trouvé son « attirail de parfait anarchiste: un couteau de 15 centimètres, des lunettes de ski pour se protéger contre les gaz lacrymogènes, un foulard et une casquette ». « J’ai voulu tester le dispositif policier. Il est massif, mais inefficace », a assuré le jeune homme, avant de se fondre dans la foule.

Interrogés sur les intentions des manifestants, les détenteurs de billets les ont traités de tous les noms, parfois dans plusieurs langues pour bien se faire bien comprendre.

Loin de la piste où, au même moment, vrombissaient les bolides du Grand Prix, entre 500 et 600 manifestants à vélo ont roulé joyeusement à travers des rues presque vides, au son des sifflets, des cornes de brume et de casseroles que certains avaient fixées à leur monture.

« La crise étudiante est devenue une crise sociale avec plein de causes qui étaient cachées jusqu’à présent par la tradition de non-confrontation propre au Québec », a expliqué tout en pédalant un jeune barbu, Sébastien Grenier, « étudiant en histoire à l’Université du Québec et travailleur à temps plein ».

Depuis février, le conflit opposant étudiants et gouvernement de la province francophone a débouché sur des manifestations quasi quotidiennes, émaillées parfois d’incidents violents et d’arrestations.

A lire aussi...