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Edito : Idéologie économique de l’Istiqlal face aux indignés

Edito : Idéologie économique de l’Istiqlal face aux indignés
Dernière mise à jour le 27/05/2012 à 16:18

Depuis le début de l’année, nous avons été habitués à des commentaires plutôt sereins et positifs de la part du ministre de l’Economie et des finances, Nizar Baraka. Samedi dernier, les intervenants à une conférence du parti de l’Istiqlal ont avec M. Baraka, fini par bien cadrer les défis qui s’imposent à notre économie.

Il était difficile d’en parler autrement car les chiffres sont têtus: un déficit commercial qui avoisine les 200 milliards de dirhams, des réserves en devises au niveau de 150 milliards, soit moins de 5 mois d’importation, un déficit budgétaire de l’ordre de 50 milliards, aussi important que le total des investissements. Et tout cela, dans un contexte de crise chez nos principaux clients.

Face à ce constat amer, le parti de l’Istiqlal propose une idéologie de développement économique basée sur trois règles fondamentales: Premièrement, l’indépendance économique basée sur la maîtrise de l’endettement et le maintien de réserves de changes suffisantes; deuxièmement, la promotion d’entreprises dans les secteurs clés et dont le centre de décision final se trouve au Maroc; et troisièmement, promouvoir l’égalitarisme économique en veillant au niveau de l’Etat, à répartir de façon équitable et juste, les richesses créées par une croissance stimulée par son action.

La mise en œuvre de ces principes nécessitera, selon Adil Douiri, de rechercher toutes les solutions pour freiner la croissance des importations. C’est là, pour la première fois, une reconnaissance de la nécessité de passer par une période d’austérité pour casser la spirale de détérioration de notre équilibre macroéconomique.

C’est bien beau tout cela, mais allez dire ces belles phrases aux 70 à 80.000 indignés qui ont marché à Casablanca entre la Place de la Victoire et la Wilaya, aller-retour, hier dimanche 27 mai: des concepts idéologiques ne peuvent en aucune manière les satisfaire. Le gouvernement qui n’a pas la tâche facile, aura beau chanter qu’il va lutter contre les inégalités et la pauvreté, cela se limite à des phrases virtuelles, rien à se mettre sous la dent…

Jusqu’en 2007, le pétrole est resté en dessous de 70$, puis il est rapidement monté à 140$ pour revenir autour de 110. Bien d’autres raisons expliquent  pourquoi les caisses de l’Etat sont de plus en plus vides et pourquoi le marché manque de liquidités. Mais la rue n’entend pas ces explications, l’opposition fait mine de les ignorer, et les quelques mesures du RAMED et de l’INDH ne sont pas à l’actif du présent gouvernement. Il n’y aura pas de circonstances atténuantes si des mesures nouvelles et importantes ne sont pas initiées par ce gouvernement.

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