Aufait Maroc

Ukraine : l’opposante Timochenko hospitalisée mais refuse les soins

Ukraine: l’opposante Timochenko hospitalisée mais refuse les soins
Dernière mise à jour le 21/04/2012 à 13:34

L’opposante ukrainienne Ioulia Timochenko, qui purge une peine de sept ans de prison, refusait samedi d’être traitée dans la clinique de Kharkiv (est) où elle a été transférée la veille au soir pour soigner ses graves problèmes de dos, ont indiqué les autorités.

Son transfert depuis sa prison a eu lieu au lendemain de l’ouverture jeudi de son second procès pour détournement de fonds et fraude fiscale, une audience à laquelle elle n’a pas assisté arguant de son état de santé.

« Timochenko est arrivée à l’hôpital central vendredi soir, » a indiqué le communiqué de la prison où l’ex-Première ministre était détenue.

« Après avoir revu leurs conclusions, ses médecins allemands ont finalement décidé de commencer le traitement de Mme Timochenko à l’hôpital qui lui avait été proposé (…) dans la ville de Kharkiv », précise le document.

Mais les partisans de l’opposante au président Viktor Ianoukovitch ont immédiatement dénoncé les conditions de son hospitalisation, qui a eu lieu sans préavis, tard le soir et en l’absence de son conseil.

« Elle a été transportée de nuit, soudainement et juste avant le début du week-end durant lequel elle ne peut pas rencontrer son avocat », a relevé l’un de ses avocats, le député Sergueï Vlassenko.

Dès lors, Mme Timochenko, qui a toujours exprimé sa méfiance vis-à-vis des médecins ukrainiens et estime être la victime de poursuites politiques, a refusé tout traitement.

« Elle refuse tout examen médical », a indiqué à la presse la vice-ministre ukrainienne de la Santé, Raïssa Moïsseenko.

Le chef de la prison Evguenni Barach a pour sa part indiqué qu’un « accord avait été trouvé » avec Mme Timochenko pour qu’elle accepte son transfert. Il n’a pas apporté plus de précisions, relevant qu’il n’avait pas besoin d’une autorisation écrite d’un prisonnier pour l’amener à l’hôpital.

Timochenko, qui souffre de graves douleurs au dos et d’absence de soins depuis son incarcération à la prison des femmes de Kharkiv, refusait d’être soignée dans un hôpital ukrainien tant que ses médecins allemands n’auraient pas approuvé la clinique choisie, chose faite cette semaine.

En effet, selon les conclusions d’un spécialiste venu de Berlin, l’hôpital de Kharkiv est en mesure de la soigner, mais sa méfiance vis-à-vis des docteurs de cette institution rendra difficile son traitement.

« Il est peu probable que la confiance nécessaire entre un patient et son thérapeute pour traiter des douleurs chroniques puisse être établie dans l’hôpital de Kharkiv », a relevé le médecin allemand dans un document publié sur le site internet du parti de l’opposante.

Ioulia Timochenko, condamnée en octobre à sept ans de prison pour abus de pouvoir, est jugée depuis jeudi pour détournements de fonds publics et fraudes fiscales en 1997-1998 lorsqu’elle était la patronne du groupe Systèmes énergétiques unis d’Ukraine (SEUU), des délits passibles de 12 ans de prison.

L’accusation réclame aussi le remboursement à l’Etat de 19,5 millions de hryvnias (1,8 million d’euros).

L’opposition ukrainienne juge que le régime de M. Ianoukovitch cherche ainsi à écarter sa principale adversaire et l’égérie de la Révolution orange de 2004.

Son emprisonnement et les poursuites engagées contre elle ont aussi été dénoncés par l’Union européenne et les Etats-Unis qui y voient des motifs politiques.

Mme Timochenko est par ailleurs visée par trois autres enquêtes judiciaires dont une portant sur une « tentative de détournement » de 405 millions de dollars et une autre sur le meurtre d’un député ukrainien en 1996, qui aurait été financé par une entreprise contrôlée par l’opposante à l’époque.

A lire aussi...