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Violences dans les stades : La faute aux mineurs?

Violences dans les stades : La faute aux mineurs?
Dernière mise à jour le 19/04/2012 à 14:54

A la demande du Wydad de Casablanca, la Fédération royale marocaine de football vient de sanctionner le club, lequel jouera ses quatre prochains matchs en championnat à huis clos. Cette décision résulte des violences qui avaient émaillé le match opposant le WAC au club des FAR, samedi dernier à Casablanca.

Les voix autorisées du football national s’étaient élevées pour faire porter le chapeau surtout aux mineurs non accompagnés qui, selon eux, sèment le trouble dans nos stades, alors que la loi leur en interdit l’accès lorsqu’ils sont seuls. Cette dernière précision mérite qu’on recadre le débat: à qui la faute, dès lors qu’on sait que les mineurs non accompagnés n’ont pas le droit d’accéder aux stades mais qu’on les laisse malgré tout suivre les matchs depuis les gradins?

Les clubs sont aussi responsables que ces mineurs jouant les trouble-fêtes, d’autant que ce sont eux qui vendent les billets. Ils ferment les yeux pour renflouer leurs caisses, faisant fi de la loi. La fédération a également une grande responsabilité dans la prolifération des scènes de violences dans le football national. Si l’on se réfère toujours au problème des mineurs, la fédération peut parfaitement sommer les clubs de respecter la loi, afin qu’ils soient plus regardants dans la vente des billets, quitte à les sanctionner pécuniairement. Elle peut aussi, avec la complicité des autorités locales, donner des instructions fermes aux forces de l’ordre d’interdire aux mineurs non accompagnés l’accès aux stades.

Mais le phénomène de la violence dans les stades au Maroc est beaucoup plus complexe. Il ne se résume pas aux mineurs non accompagnés. Les adultes sont aussi des fauteurs de troubles: en effet, au moment où la sanction du WAC est tombée mercredi, 23 adultes venaient d’être condamnés à Laâyoune à des peines de prison ferme allant de 6 mois à 3 ans. Elles ont été condamnées après la mort de sept personnes, à l’issue d’un match opposant à Dakhla, le Mouloudia local au Chabab Mohammedia. Des actes criminels qui n’ont pas leur place dans la vie en général et dans le football en particulier.

Le moment est donc venu pour les acteurs du football marocain de se réunir et de trouver tous ensemble les solutions qui s’imposent pour bouter la violence hors des stades. Cela commence, on ne le dira jamais assez, par une culture du fair-play au niveau des clubs et de leurs supporters, le reste revient à la fédération et aux autorités qui doivent faire régner l’ordre.

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