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Benkirane : La France a « appris » au Maroc à faire la grève

Benkirane: La France a « appris » au Maroc à faire la grève
Dernière mise à jour le 28/03/2012 à 16:35

La France a « appris » au Maroc à faire la grève, a indiqué en substance mercredi le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, lors d’une rencontre à Rabat entre chefs d’entreprises français et marocains.

« On ne connaissait pas la grève, c’est la France qui nous l’a apprise ! », a-t-il lancé sous forme de plaisanterie devant un parterre de plus de 400 hommes d’affaires français et marocains, à l’invitation conjointe des patronats des deux pays.

Connu pour son franc-parler et sa bonhomie, M. Benkirane répondait à une question de Jacques Saadé, patron de l’armateur français CMA-CGM, troisième groupe mondial de transport par conteneurs, qui s’inquiétait d’un long mouvement de grève l’automne dernier qui a paralysé le port de Tanger-MED.

« Faire grève, c’est raisonnable, mais pas s’y complaire (…) le droit de grève doit être respecté mais aussi le droit au travail », a estimé le Premier ministre.

Se disant fort de la « légitimité » populaire de son gouvernement, après « les élections les plus transparentes de l’histoire du Maroc » en novembre, qui ont porté pour la première fois les islamistes du parti Justice et Développement (PJD) au pouvoir, M. Benkirane a indiqué qu’une « nouvelle loi sur le droit de grève » sera promulguée prochainement.

S’adressant aux patrons français, il a indiqué que « le Maroc était preneur notamment en matière de formation professionnelle » afin de juguler le problème du chômage, qui reste très élevé dans le royaume.

Répondant à l’avance aux éventuelles inquiétudes des patrons français face à un gouvernement où les islamistes sont majoritaires, M. Benkirane a déclaré: « S’il y a un changement, c’est en faveur d’un renforcement des relations avec la France, toujours bienvenue dans notre pays ».

Le chef du gouvernement n’en a pas moins plaidé pour des relations bilatérales « plus équilibrées » afin d’aider au développement du Maroc.

« Il faut nous aider à prendre en charge les 30 à 40% des laissés-pour-compte de notre population », a-t-il lancé, en référence au chômage et à la pauvreté qui touchent cette partie de la population du pays, qui compte quelque 33 millions d’habitants.

Intervenant à leur tour, les ministres de l’Economie et des Finances Nizar Baraka et de la Gouvernance Mohamad Nagib Boulif ont estimé que « l’amélioration du climat des affaires » était une des priorités du pays, ainsi que « le développement de grandes alliances stratégiques », notamment pour s’attaquer à des marchés comme ceux d’Afrique de l’Ouest.

Organisée par le Club des chefs d’entreprises France-Maroc autour du thème « Investissement et croissance: les perspectives pour le Maroc en 2012″, la rencontre de Rabat répond à une invitation conjointe de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et son homologue français le Medef.

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