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Succession à la Banque mondiale : la pression monte pour les Etats-Unis

Succession à la Banque mondiale: la pression monte pour les Etats-Unis
Dernière mise à jour le 22/03/2012 à 9:35

La pression montait sur les Etats-Unis mercredi soir pour qu’ils fassent connaître le nom de leur candidat à la tête de la Banque mondiale, après l’apparition de deux prétendants de pays émergents.

L’ancien ministre des Finances colombien José Antonio Ocampo a annoncé être candidat à la succession de l’Américain Robert Zoellick à la présidence de cette institution d’aide au développement.

M. Ocampo a également affirmé que Ngozi Okonjo-Iweala, ministre des Finances du Nigeria en exercice, était aussi candidate.

Un porte-parole de l’intéressée a néanmoins indiqué qu’il était encore « prématuré » pour dire si Mme Okonjo-Iweala avait l’intention de postuler, tout en notant que son nom semblait susciter « un sérieux enthousiasme », ce que confirme une source proche de la Banque mondiale pour qui la candidature de la Nigériane est « sur orbite » et devrait être proposée par l’Afrique du Sud.

« C’est une candidature extrêmement sérieuse, c’est une femme, noire, ministre des Finances, et c’est une figure de la Banque mondiale », où elle a été directrice générale de 2007 à 2011, ajoute cette personne au fait des tractations en cours.

A moins de quarante-huit heures de la limite de dépôt des candidatures (vendredi en fin de journée), « cela met une énorme pression côté américain », indique-t-elle: « il va falloir qu’ils sortent une personnalité importante ».

En vertu d’un accord tacite entre l’Europe et Washington, la présidence de la Banque a toujours échu à un citoyen des Etats-Unis tandis que celle du Fonds monétaire international (FMI) revenait à un Européen.

Lorsque M. Zoellick avait annoncé le 15 février qu’il abandonnerait ses fonctions le 30 juin, le Trésor américain avait indiqué que les Etats-Unis continueraient « de jouer leur rôle dirigeant à la tête de la Banque » et feraient connaître rapidement leur candidat.

Après avoir renoncé à présenter la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, qui a fait savoir qu’elle aspirait à se mettre en retrait de la vie politique, Washington a présélectionné trois candidats potentiels: Susan Rice, ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU, le sénateur démocrate John Kerry, candidat malheureux à la Maison Blanche en 2004, et l’ancien secrétaire au Trésor Lawrence Summers.

Cependant, pour des raisons qui ont à voir notamment avec des considérations de politique intérieure américaine, aucun des trois ne semble faire véritablement l’affaire.

Interrogé depuis plusieurs jours par l’AFP pour savoir où en sont les Américains, le Trésor refuse de faire le moindre commentaire.

En fait, « ils ne savent toujours pas », indique la personne proche de la Banque mondiale, pour qui Washington met probablement « une pression colossale sur Hillary Clinton » pour qu’elle accepte, alors que « la pression est très forte du côté des Européens pour que [les Américains] sortent un nom » à temps.

Pour être valables, les candidatures doivent être présentées par l’un des vingt-cinq administrateurs (représentant des pays ou groupes de pays) de la Banque.

La candidature de M. Ocampo, actuellement professeur d’économie à l’université Columbia de New York, devrait ainsi être présentée par le Brésil.

Mais ce pays est l’un des plus virulents dans la remise en cause de l’hégémonie occidentale à la tête de la Banque et du FMI et peut encore choisir de ne pas fragiliser une candidature de Mme Okonjo-Iweala.

Un autre candidat, américain, fait campagne en franc-tireur: le professeur d’économie Jeffrey Sachs, spécialiste du développement et très critique à l’égard du rôle que les Etats-Unis jouent à la Banque mondiale.

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