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Campagne palestinienne pour soutenir l’entrée de l’Etat de Palestine à l’ONU

Campagne palestinienne pour soutenir l’entrée de l’Etat de Palestine à l’ONU
Dernière mise à jour le 08/09/2011 à 19:11

Les Palestiniens ont lancé jeudi une campagne pour appuyer leur demande d’adhésion à l’ONU d’un Etat de Palestine sur les frontières de 1967, un projet auquel s’opposent Israël et les Etats-Unis et qui divise les pays européens.

Au même moment, la direction palestinienne confirmait son intention de présenter cette demande d’adhésion aux Nations unies pendant la session annuelle de l’Assemblée générale qui s’ouvre la semaine prochaine.

La campagne, baptisée « Campagne nationale pour la Palestine, 194e Etat (l’ONU compte 193 membres, NDLR) », a été lancée à Ramallah, où une centaine de Palestiniens, brandissant drapeaux et pancartes, ont défilé jusqu’au QG de l’ONU et remis une lettre sollicitant le soutien du secrétaire général Ban Ki-moon à l’adhésion d’un Etat de Palestine.

« Aujourd’hui, nous avons commencé notre campagne sur le terrain et nous espérons que les Nations unies répondront à nos demandes », a expliqué à l’AFP un des coordinateurs de la campagne Ahmad Assaf.

La lettre a été symboliquement déposée par une réfugiée du camp d’Al-Amari, près de Ramallah, Latifa Abou Hmed, 60 ans, dont sept fils sont ou ont été détenus par Israël et un huitième a été tué par l’armée israélienne.

« J’adresse ce message à l’ONU pour dire que nous avons droit à notre Etat comme n’importe qui dans le monde et avons droit à la fin de l’occupation », a-t-elle déclaré.

Le président palestinien Mahmoud Abbas doit remettre en personne la demande d’adhésion à M. Ban le 20 septembre, faute de perspective de reprise des négociations de paix avec le gouvernement Netanyahu.

La direction palestinienne appelle à « une large mobilisation en Palestine, dans les camps (de réfugiés, NDLR) dans le monde arabe et dans tous les pays du monde pour soutenir la démarche aux Nations unies », selon un communiqué diffusé à l’issue d’une réunion à Ramallah autour de M. Abbas.

Elle « affirme la nécessité de poursuivre la démarche à l’ONU pour obtenir la reconnaissance de l’adhésion d’un Etat de Palestine sur les frontières du 4 juin 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale », soit la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la bande de Gaza, selon le texte lu par le secrétaire général du Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine Yasser Abed Rabbo

« La direction palestinienne estime que parvenir à ce but favorisera la relance d’un processus de paix sérieux et de nouvelles négociations avec l’objectif clair d’une solution à deux Etats sur les frontières de 1967″, précise-t-elle.

La demande palestinienne se heurte à l’hostilité d’Israël et des Etats-Unis.

Ces derniers ont annoncé formellement jeudi qu’ils « opposeraient leur veto » à toute démarche des Palestiniens auprès du Conseil de sécurité.

« Cela ne devrait pas surprendre (…) que les Etats-Unis sont opposés à une démarche des Palestiniens à New York pour essayer d’établir un Etat qui ne peut être obtenu que par la négociation », a dit la porte-parole du département d’Etat Victoria Nuland.

Les Palestiniens ont immédiatement réitéré leur intention d’ »aller au Conseil de sécurité pour protéger les droits du peuple palestinien et l’idée d’une solution à deux Etats ».

« Nous ne voulons pas de problème avec l’administration américaine mais nous sommes engagés à des négociations fondées sur les lignes de 1967 et le gel de la colonisation », a déclaré à l’AFP le porte-parole du président Abbas, Nabil Abou Roudeina, en référence à des positions soutenues publiquement par le président américain Barack Obama et rejetées par Israël.

Prenant acte de ces divergences, l’ex-émissaire américain pour le Proche-Orient, George Mitchell, qui a démissionné en mai en raison de l’enlisement des négociations, s’est montré pessimiste sur les chances « à court terme » de la paix entre Israël et les Palestiniens.

Côté européen, la chef de la diplomatie Catherine Ashton reprendra son bâton de pèlerin pour une mission la semaine prochaine auprès des Palestiniens et des Israéliens.

Ce déplacement de Mme Ashton « s’inscrit dans le cadre de ses efforts pour relancer les pourparlers de paix au Proche Orient, et pour s’assurer que la résolution que l’Autorité palestinienne envisage de soumettre à l’ONU ce mois-ci soit un texte qui puisse obtenir un plus large soutien », selon une source européenne.

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