Aufait Maroc

L’homme moderne n’a pas coexisté avec son ancêtre l’Homo erectus

L’homme moderne n’a pas coexisté avec son ancêtre l’Homo erectus
Dernière mise à jour le 29/06/2011 à 21:25

L’homme moderne n’aurait jamais coexisté avec son ancêtre l’Homo erectus qui serait beaucoup plus ancien que ce que l’on croyait jusqu’à présent, selon des travaux scientifiques publiés mercredi et apportant un nouvel éclairage sur la nature de l’évolution humaine.

L’Homo erectus est considéré comme un ancêtre direct de l’Homo sapiens (ou homme moderne). Il lui ressemblait sous de nombreux aspects, à l’exception du cerveau qui était plus petit et de la forme du crâne.

L’Homo erectus a été le premier de nos lointains cousins à émigrer hors de l’Afrique il y a 1,8 million d’années.

Il s’est éteint sur le continent africain et une grande partie de l’Asie il y a 500.000 ans, mais il semblait avoir survécu jusqu’à une période allant de 50.000 à 35.000 ans avant notre ère sur le site de Ngandong, sur les rives du fleuve Solo, dans l’île de Java en Indonésie.

Les derniers Homo erectus auraient ainsi pu partager ces lieux avec les premiers membres de notre espèce, les Homo sapiens, dont l’arrivée en Indonésie remonte à 40.000 ans.

Les dernières datations sur lesquelles s’appuyait cette hypothèse avaient été effectuées en 1996 sur des dents d’animaux et des restes fossilisés d’Hominidés.

Toutefois, le fait que les dents fossilisées d’animaux soient mélangées, dans les couches de sédiments, avec des fossiles d’hominidés beaucoup plus anciens avait suscité des interrogations quant à l’âge réel de celles-ci.

Depuis 2004, une équipe internationale d’anthropologues, co-dirigée par Etty Indriati de l’Université Gadjah Mada en Indonésie et par Susan Anton de l’Université de New York, a conduit le projet Solo River Terrace (SoRT) et fait de nouvelles analyses en recourant à différentes méthodes de datation.

Les chercheurs ont déterminé que les fossiles d’hominidés, les dents d’animaux et les sédiments sur ces sites, dataient tous de la même époque.

Quelles que soient les méthodes utilisées, elles donnent un âge maximum et un âge minimum qui, dans les deux cas, remonte à une période plus ancienne que la datation des premiers fossiles d’Homo sapiens découverts en Indonésie.

De ce fait, « les homo erectus n’ont probablement jamais coexisté dans cet habitat avec les humains modernes », souligne Etty Indriati.

Les analyses menées dans le projet SoRT laissent penser que les Homo erectus se sont éteints il y a 143.000 ans au plus tard et, plus généralement, il y a 550.000 ans.

Une coexistence des Homo erectus et des humains modernes aurait conforté la théorie selon laquelle ces derniers auraient remplacé leurs ancêtres au cours de l’évolution.

En revanche, le second modèle dit « d’origine multirégionale » (suivi par le projet SoRT) tend à montrer que les humains modernes seraient issus de multiples contributions génétiques de différents groupes d’hominidés ayant vécu en Afrique, Asie et Europe.